C’est mon corps

Toutes les questions que se posent les femmes sur leur santé

Martin Winckler, éditions L’iconoclaste

Connaissez vous Martin Winckler ?

Si ce n’est pas le cas, voila un auteur à lire absolument. Martin Winckler est médecin généraliste et écrivain. Il a longuement travaillé auprès de femmes en cabinet mais également dans un centre de planification et d’IVG. Il écrit des romans, des poèmes et des essais. C’est également un blogeur hyperactif. Ses écrits sont la plupart du temps en lien avec le soin. Ils peuvent être imaginaires mais résonnent toujours avec le réel.

Répondre aux questions que les femmes se posent

Son dernier livre, « C’est mon corps » est un essai. Martin Winckler écrit : « Ce livre a pour objectif de passer en revue les situations les plus fréquentes et de répondre loyalement aux questions légitimes que les femmes se posent au sujet de leur corps. Il s’adresse aux femmes elles-mêmes. Mais aussi à celles et ceux qui les soignent, les écoutent, les conseillent, les soutiennent ».

… sur les différentes étapes de la vie d’une femme

Le livre aborde les différentes étapes de la vie d’une femme : règles, puberté, grosesse, interruption de grossesse, questionnements autour de la maternité, ménopause, violences gynéco etc. Chaque chapitre donne des informations précises, sourcées et récentes sur le thème abordé. Martin Winckler répond notamment à de nombreuses questions qui lui sont posées fréquemment.

Il n’y a PAS de questions bêtes

Il insiste sur le fait qu’il n’y a pas de mauvaise question ou de question bête. Et que c’est le rôle des soignant.e.s de chercher à y répondre le mieux possible. Enfin, les différents chapitres sont aussi l’occasion de remettre en cause pas mal d’idées reçues ou de croyances sans fondements scientifiques.

Quelques questions posées dans ce livre

Voici quelques exemples de questions que vous trouverez dans ce livre (et des embryons de réponses pour vous donner l’envie d’en savoir plus…) :

A quoi ressemble un sexe féminin « normal » ? Réponse, à rien ! Car il n’y a pas de normes dans ce domaine…

Peut-on enlever son stérilet seule ? Oui, n’oubliez pas de bien vous laver les mains avant de le faire !

Est-il possible d’être examinée dans d’autres positions gynécologiques si on n’est pas à l’aise dans celle qui est proposée… ou imposée ? Eh oui !

Un bébé naît-il forcément – et définitivement – fille ou garçon ? Non.

Doit-on faire vacciner sa fille contre le HPV ? Non concernant ce vaccin, car l’auteur se positionne comme pro-vaccination par ailleurs.

Les méthodes contraceptives « naturelles » sont elles une bonne option ? Oui, plus d’infos dans le chapitre concerné…

Etre enceinte rend t il fragile ?… Vous en pensez-quoi vous ???

… Et encore un grand nombre d’autres points sont abordés…

Le chapitre de conclusion s’intitule : « En finir avec les clichés », je vous laisse le découvrir : ça fait du bien !!!

La biomédecine

Martin Winckler pratique ce qu’il nomme la biomédecine, fondée sur des connaissances scientifiques dans différents domaines du vivant. Il explique qu’il n’est pas compétent dans d’autres type de soins complémentaires (homéo, acupuncture etc) et que donc il reste dans le cadre énnoncé (et il a le grand mérite de clarifier ce cadre). Effectivement, avec mon regard de naturo, je ne le rejoins pas sur toutes ses conclusions (comme pex son affirmation négative et trop hâtive sur les probiotiques, ou encore l’elliptique « non démontré scientifiquement » parfois utilisé de manière un peu trop rapide à mon goût et qui suffit à clôre une question…). Ces quelques points mériteraient sans doute des discussions, mais ce n’est pas le propos du livre.

Définir la juste posture de soin

Autant que de contenu techniques, Martin Winckler questionne abondamment la posture de soignant.e. Soigner c’est écouter et accompagner au mieux des personnes en souffrance. C’est considérer que toute personne est capable de choisir ce qui est bon pour elle, si on lui donne en transparence les éléments de réflexions et si on lui laisse le temps de l’écoute. Ce n’est surtout pas prendre le pouvoir sur elles en leur imposant des soins ou des gestes qu’elles ne souhaitent pas. Ce n’est pas savoir ce qui est le mieux pour une personne, à sa place.

Lisez- ce livre!

En préparant cette présentation, en me replongeant dans le livre, j’avais envie de recopier tout un tas d’extraits. Le mieux est que vous lisiez l’intégralité par vous-même, d’une traite ou par petits bouts, comme je l’ai fait, dans un peu tous les sens.

Ce livre est un baume autant qu’une mine d’informations utiles.

La voix de Martin Winckler tranche dans le paysage du soin, elle revigore. C’est une ode à l’écoute, à la bienveillance, à la tolérance tout autant qu’à la rigueur.

Encore merci pour ce livre au ton si juste et à la grande douceur.

Rebellez-vous !

 Marie Laguerre et Laurène Daycard, éd L’iconoclaste, 2020

Le harcèlement de rue et les violences font partie du quotidien des femmes, ce jour là, j’ai dit non

Marie Laguerre est une jeune femme de 23 ans. Fraîchement débarquée de sa province natale à Paris, elle ne cesse d’essuyer des commentaires masculins divers et variés tout au long de la journée. Sifflements, bruits de bouche, phrases soi disant flatteuses ou tentatives d’entrer en contact ponctuent trop souvent ses sorties dans la rue. Un jour, elle répond du tac au tac : « Ta gueule !». L’homme fait demi tour et vient la frapper au visage.

Se taire…

Car dans le petit jeu soi-disant innocent de la drague de rue, la femme n’a pas à répliquer. Le rôle attendu est d’accueillir sans broncher, voire de se réjouir que l’on s’intéresse à elle et qu’on l’honore d’un bruit de bouche visqueux. Dans ce livre intelligent, Marie Laguerre démonte patiemment les implications et les implicites de ces interactions en apparence anodines, dans lesquelles baignent les femmes dans les espaces publics.

Son histoire

Ce livre est avant tout sensible, la première partie du livre est très personnelle. Marie Laguerre expose la situation, remonte la chronologie des faits. Elle explique comment elle en est arrivée à répondre à cet inconnu : l’usure et l’écœurement qu’ont provoqué chez elle la répétition incessante des commentaires de rue. La violence dont elle a été victime a été filmée par une caméra de vidéo surveillance. Elle a récupéré le film et l’a posté sur son site. La vidéo a tout de suite fait le tour des réseaux sociaux avec un grand succès. Ce qui a attiré les médias.

Répliquer!

Marie Laguerre a alors été prise dans un tourbillon de communication. Elle a joué le jeu, un jeu épuisant et dangereux nerveusement, avec l’intention de sensibiliser et de faire bouger les rapports de force. Elle a choisi de profiter de cette brèche pour dénoncer ce qui vivent encore trop de femmes : inégalités, victimes de sexisme, victimes de violence et d’agressions sexuelles. Elle appelle courageusement à sortir de la honte et du silence et à passer à l’action.

Manifeste contre les violences faites aux femmes

Ce qu’elle fait dans la deuxième partie du livre qui est un manifeste : « Mon histoire individuelle est aussi une affaire collective. (…) Nous sommes trop nombreuses à avoir connu cette peur qui nous colle parfois au ventre dans l’espace public. Un regard insistant le soir. Un inconnu qui nous susurre « charmante » à l’oreille. Un homme qui tente de s’infiltrer à notre suite dans notre hall d’immeuble alors que nous rentrons seule. (…). Cette insécurité n’est pas une fatalité. Ce jour-là, j’ai redressé la tête. J’ai décidé de ne plus être traitée comme un objet. Depuis, je n’ai cessé d’essayer de rendre utile le coup de poing que j’ai reçu. J’ai voulu que mon histoire serve aux autres. » pp140-141.

Blogueuses féministes

Pour pouvoir mettre en mots son histoire, Marie Laguerre s’informe et se forme notamment auprès de blogueuses féministes. Sur ces sites, elle trouve de précieuses ressources en terme de réconfort, mais également d’idées et de pistes d’action.

Ne plus se laisser faire!

Ce qu’elle présente dans la troisième partie du livre, manuel de la rébellion, coécrit avec Laurène Daycard. Elles font ici un tour exhaustif des possibilités de réponses et d’actions. Pour les personnes victimes de violences, mais également, en prévention pour ne plus avoir à en subir. Les pistes sont nombreuses.

De nombreuses ressources existent

La dernière partie du livre fait le point sur les ressources possibles : numéro d’urgence, livres, sites etc. Cette partie est précieuse, de nombreux points d’appui existent, souvent trop peu connus.

Violences faites aux femmes et problèmes de santé

Ce livre est très touchant. J’ai choisi de le présenter ici même si ce livre ne traite pas directement de santé. Mais on sait que de nombreuses femmes sont brisées, traumatisées, par toutes ces violences qu’elles portent dans leurs chairs et qui les fragilisent, les rendent malades, voire les détruisent. D’ailleurs l’auteure témoigne du fait qu’à divers moments de ce parcours de rébellion elle a été très mal : insomnies, difficultés à manger, épuisement… Car bien que recevant de nombreux témoignages de soutien, cette mise à nue et cet engagement lui ont valu également beaucoup d’insultes et de harcèlement. Un livre à lire et à offrir à vos adolescents et adolescentes.

Vous pouvez aussi réécouter ICI l’émission de santé au naturel sur le wendo, pratique d’auto-défense féminine.

Ma bible de la naturopathie – Spéciale alimentation végétale crue

Sarah Juhasz éditions Leduc.s Pratique

Qu’est-ce que la naturopathie ?

Il y a au moins deux livres en un dans cette nouvelle « bible ». Une première partie qui expose ce qu’est la naturopathie : son origine, ses principes de base, son champ d’application et les outils qu’elle utilise. Comme l’auteure l’explique, la naturopathie est souvent identifiée à la phytothérapie, le soin par les plantes. Or la naturopathie est une technique de soin holistique, c’est-à-dire qu’elle s’intéresse aux différentes dimensions de la vie d’une personne. L’équilibre est recherché à tous les niveaux grâce à des changements dans nos pratiques, au quotidien. On privilégie avant tout des ajustements du mode de vie qui visent à équilibrer la qualité du sommeil, l’alternance de temps de repos et d’activité, la recherche d’un bien-être émotionnel, certaines techniques de respiration… et bien sûr également des propositions de changements dans notre alimentation. L’utilisation des plantes ou de compléments alimentaires est fréquente, mais cela vient toujours dans un second temps. Sarah Juhasz reprend et fait des propositions en lien avec tous ces différents points.

L’alimentation crue et vivante

Néanmoins le focus est mis sur l’alimentation puisqu’il s’agit d’un livre qui traite des bienfaits santé de l’alimentation crue. C’est la deuxième partie du livre dans laquelle on découvre comment ajouter de plus en plus de cru dans son alimentation, de manière joyeuse et conviviale. En effet, manger des aliments crus, peu cuits, lactofermentés ou déshydratés n’est pas une punition que vous vous infligez.

Faites-vous plaisir !

Le plaisir de manger est honoré comme l’illustre de nombreuses recettes bien appétissantes que vous trouverez en fin de livre. Bien sûr augmenter sa consommation de cru doit se faire très progressivement. Il est essentiel d’être à l’écoute de soi et de ses processus digestifs afin d’intégrer étape après étape un peu plus d’aliments crus. Si vous ballonnez toute la journée et que votre ventre est douloureux c’est le signe que vous avez mangé trop de cru relativement à vos capacités digestives du moment. Diminuez les quantités et écoutez-vous ! Tout ceci est expliqué en détails pour vous aider à réformer votre alimentation dans le respect de vous-même !

Comment passer à une alimentation crue?

Chaque étape de cette transition est expliqué clairement et abordé de manière concrète et pratico-pratique : quel matériel utiliser ? Quels sont les ingrédients de base à toujours avoir dans vos placards ? Comment faire ses graines germées ? Ses aliments lacto-fermentés ? À quoi sert un déshydrateur ? Comment consommer les algues ?…

La densité nutritionnelle

Énormément d’info nutritionnelles sont également transmises qui permettent de choisir des aliments à haute densité nutritionnelle (le contraire des calories vides de la nourriture industrielle). Cette densité nutritionnelle est une des clés fondamentale nécessaire à un bon état de santé global.

3 programmes santé, accompagnés pas à pas…

Pour finir, 3 programmes complets de remise en santé sont proposés : un programme anti-stress, un programme détox et un programme vitalité de l’enfant.

Ces programmes sont proposés pour une semaine et vous pouvez les reconduire à volonté. Ils comprennent des menus avec leurs recettes, mais également des propositions riches et variées de techniques salutaires : cohérence cardiaque, brossage à sec pour stimuler les systèmes lymphatiques et circulatoires, des massages, des exercices et des cures diverses et variées. Toutes ces techniques sont expliquées en détails.

Un foisonnement de conseils santé !

J’aime beaucoup ce livre qui est une mine d’informations et de conseils. Chaque fois que je l’ouvre je découvre de nouvelles idées et techniques, toujours expliquées de manière claire. Ce foisonnement de propositions le rend intéressant pour tous.te puisque l’on peut y puiser à son rythme des pratiques adaptées à nos besoins du moment.

Merci !

Ma bible du jeûne

Le jeûne : pour qui, pour quoi, quand, comment et avec qui ? Vous saurez tout après lecture de Ma bible du jeûne. Mon avis sur le livre Ma bible du jeûne, de Thierry Thomas et Dr Sarah Merran, aux éditions Leduc.s Pratique.

Une sacrée collection !

Décidément, j’aime vraiment beaucoup cette collection « Ma bible de… » aux éditions Leduc.s. Ce sont en général des livres très complets, riches en explications accessibles. Ils allient un bon niveau d’informations théoriques avec le souci constant de permettre leur mise en œuvre. Ils se donnent l’espace d’aller à fond dans un sujet, tout en restant synthétiques. La mise en page soignée permet de faire le choix de creuser, ou pas, tel ou tel thème connexe à celui traité.

L’alliance de la théorie et la pratique…

Cette bible du jeûne ne fait pas exception. Dans ce livre, vous trouverez toutes les informations théoriques que vous pouvez souhaiter sur la question du jeûne et les manières concrètes de s’y mettre. Un point important est également proposé sur la préparation au jeûne, comme les questions de la descente alimentaire et de la purge qui sont bien sûr abordées (tout comme ici d’ailleurs)

Jeûner oui, mais après évaluation de votre état de santé

Mais ce qui est plutôt original c’est qu’il y a toute une partie qui propose des bilans et questionnaires de santé qui vous permettent de savoir si vous avez besoin de passer par des étapes intermédiaires avant de jeûner. Le Dr Merran insiste beaucoup sur le fait que pour pouvoir cesser de manger il faut avoir un bon équilibre alimentaire au préalable. En effet, pour que le temps de jeûne se passe au mieux il est important de ne pas avoir de carences en vitamines et minéraux. Mais ce sont aussi nos organes d’élimination qui doivent bien fonctionner et donc qu’ils ne soient pas surchargés de toxiques. Des repères sont proposés pour que chacun.e puisse évaluer son niveau d’intoxication et ses stocks de nutriments. En fonction d’où l’on se situe, le Dr Merran conseille de passer par des réformes alimentaires ou par des temps de jeûnes intermittents (plus d’infos ici ) afin de démarrer une détox en douceur.

Le jeûne peut être thérapeutique, mais pas au pays des Lumières

De plus, comme la partie sur les mécanismes physiologiques du jeûne et ses effets sur la santé est écrite par un médecin, elle a le droit de parler de l’impact favorable que le jeûne peut avoir sur un certain nombre de pathologies. Ce point est assez rare dans les livres sur le jeûne en France car il n’a pas encore de place dans le paysage médical. Le jeûne est identifié comme une technique de prévention santé, en aucun cas comme une possibilité curative. Ceci est différent dans d’autres pays, notamment en Suisse et en Allemagne. Mais un peu comme le nuage de Tchernobyl, les vertus du jeûne thérapeutique s’arrêtent à nos frontières.

Il n’y a pas un jeûne, mais des jeûnes

Le Dr Merran fait aussi le tour des différents types de jeûne car il existe des tendances et des écoles diverses et variées. Dans certains courants, il est indispensable de faire de l’exercice en jeûne, pour d’autre au contraire, il faut se reposer au maximum. Selon certain, un jeûne qui n’est pas uniquement accompagné d’eau (jeûne hydrique) n’est pas un vrai jeûne. Pour d’autres, on peut intégrer un certain nombre de calories pendant le temps de jeûne sans que ça en altère les bienfaits. Elle présente enfin des techniques qui ont des effets santé proche du jeûne, tout en mangeant, comme les monodiètes ou le régime cétogène. La diversité des propositions fait que chacun.e peut s’approcher d’un jeûne long à son rythme et dans la douceur. Ou choisir de ne pas jeûner mais intégrer d’autres techniques santé qui présentent les mêmes avantages.

Le jeûne, un lumineux effort…

Enfin, la dernière partie du livre, concerne la mise en œuvre pratico-pratique d’un jeûne. Et là encore c’est pensé de manière originale puisqu’on accède au témoignage de Thierry Thomas via le journal de bord qu’il a tenu lors de son premier jeûne long. Ce récit détaillé et sensible crée de la connivence avec le lecteur ou la lectrice et est suffisamment réaliste pour que l’on puisse se dire « ah ben tiens alors, pourquoi pas moi ?! ». Le texte est assez brut, il ne cache pas les difficultés qu’il peut y avoir à mettre un jeûne en œuvre. Cet aspect m’a bien plu, jeûner nécessite en effet la plupart du temps un sacré effort, que l’on choisit de faire car on a des motivations pour cela. Mais jeûner n’est pas en soi une partie de plaisir. Ce qui n’empêche pas de passer de bons moments en jeûne, voire même de se sentir parfaitement bien dans certaines phases.

et en sécurité…

En tout cas ce livre nous donne les moyens d’éprouver le jeûne (et d’autres techniques connexes) en toute sécurité. Y a plus qu’à!

Le paradoxe des plantes

Les dangers cachés de l’alimentation « saine » à l’origine de maladies et de prise de poids

Dr Steven R Gudry éditions Quanto

Le paradoxe des plantes réside dans le fait que l’on a besoin de consommer toutes sortes de plantes pour vivre et que pourtant un certain nombre d’entre elles nous intoxiquent insidieusement. C’est du moins ce qu’affirme le Dr Gundry qui est cardiologue et chirurgien aux USA. Il dit opérer de moins en moins souvent car le réglage alimentaire qu’il a développé améliore ou résout de nombreux problèmes de santé. C’est ce qu’il présente dans ce livre qui est un petit pavé, très dense et extrêmement riche en informations de grande qualité. J’ai dévoré ce livre passionnant avec gloutonnerie…

En quoi consiste le réglage alimentaire qu’il propose ?

Ce régime consiste à limiter la consommation de lectines. Les lectines sont des protéines présentes dans une immense variété de végétaux, que ce soit des fruits, des légumes, des céréales ou des légumineuses. Le gluten par exemple est une lectine déjà rendu célèbre pour les troubles qu’il engendre. Or ces lectines créent de l’inflammation intestinale dans certaines conditions. Il se trouve que l’on sait maintenant très clairement comment les phénomènes d’inflammation intestinale sont à l’origine de très nombreux problèmes de santé, surtout s’ils se chronicisent.

Que nous explique le Dr Gundry ?

Un brin de botanique

Tout d’abord il fait un point de botanique : les graines qui sont dites nues, c’est-à-dire qui ne sont pas protégées par une coque dure, développent naturellement des toxines (ces fameuses lectines) qui ont pur but de les rendre impropres à la consommation. Car l’objectif d’une graine est avant tout la reproduction de l’espèce. Donc elle doit à tout prix éviter d’être mangée. Il se trouve que dans l’alimentation moderne on consomme un grand nombre de ces graines concentrées en toxines. C’est le cas par exemple des graines de la famille des solanacées tels que tomates, piments, aubergines. Je résume ici bien sûr, mais le Dr Gundry prend en considération un grand nombre de paramètres qui vont du degré de maturité du fruit à la récolte, en passant par les méthodes traditionnelles oubliées de préparation de certains aliments ou encore la mondialisation de nos moeurs alimentaires. Sa réflexion est vaste et étayée.

Un poil d’élevage

Puis il fait un point vétérinaire : l’alimentation dans les élevages modernes fait la part belle à aux grains ou aux farines d’aliments qui sont riches en lectines. Or ces lectines se retrouvent sous forme concentrées dans le gras ou la viande que l’on va ensuite consommer. Ce qui s’ajoute aux lectines végétales que l’on consomme directement.

Une once de pollution

Enfin, le Dr Gundry fait un point environnemental : nos intestins et nos immunités modernes sont fragilisés par toute sorte de pollutions : perturbateurs endocriniens, herbicides, produits ménagers, surcharge médicamenteuse, antibiothérapie etc. Ce contexte toxique érode nos capacités d’adaptation et nous rend hyper sensibles aux lectines.

Dans le sillon fertile des Dr Kousmine et Seignalet

J’ai beaucoup apprécié le fait que le Dr Gundry ait une réflexion sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Il me semble que les Dr Kousmine et Seignalet ont initié ce type d’analyses mais que cela faisait longtemps qu’un chercheur n’avait pas rassemblé autant d’informations en une telle synthèse. Et il n’en reste pas aux seuls constats analytiques, mais il fait également des propositions concrètes. C’est l’objet de la deuxième partie du livre, ce qu’il nomme le PPP, le Plan du Paradoxe des Plantes.

Le Plan du Paradoxe des Plantes

Il s’agit d’un réglage alimentaire en 3 phases. Avec une première phase dite de nettoyage de trois jours, suivie par une deuxième phase qui dure quelques semaines (variables selon les personnes) et enfin la troisième phase qui consiste à intégrer ce mode alimentaire au long cours.

Un réglage alimentaire en 3 phases

Je ne vais pas entrer ici dans les détails de ce réglage. Le Dr Gundry a établi une liste d’aliments qu’il nomme autorisés et d’autres à limiter ou supprimer selon la phase dans laquelle on se trouve. La manière dont il présente les 3 phases et leur contenu est très concrète et précise. Ce livre donne suffisamment d’explications pour que chacun.e puisse mettre en application par soi-même ces 3 phases. Il accompagne chaque étape pas à pas.

Et pleins d’autres conseils

Le jeûne intermittent, l’attention aux index glycémiques et à la qualité des huiles et des protéines ont également une place importante dans son programme. Tout comme le fait d’adopter un mode de vie qui limite les polluants tels que les perturbateurs endocriniens.

Des aliments autorisés et d’autres interdits

Une liste des aliments autorisés ou à limiter est disponible en téléchargement gratuit sur le site des éditions Quanto. Enfin, dans la troisième partie du livre des recettes sont présentées qui permettent de se lancer facilement dans le PPP.

Un livre de recettes en complément

Si vous adoptez ce mode alimentaire, alors il sera intéressant d’investir dans le livre de recettes du Paradoxe des Plantes.

A qui est destiné ce réglage alimentaire ?

L’objectif principal de ce réglage est la cicatrisation de la muqueuse intestinale et la mise en équilibre du microbiote. Ce qui permet ensuite de mieux gérer l’environnement toxique dans lequel nous vivons tous à des degrés différents. Donc ce réglage est possible pour tous et toutes puisqu’il est sans carences et qu’il fonctionne aussi bien en prévention qu’en cas de maladie.

Des USA à l’Europe…

Le Dr Gundry insiste beaucoup sur le fait que ce réglage permet de perdre du poids facilement sans s’affamer. Dans ce livre, il se réfère beaucoup aux habitudes, aux besoins et aux problématiques des américains, puisqu’il exerce aux USA. Et l’obésité et ses comorbidités est un problème majeur qu’il aborde à de nombreuses reprises. Tout comme l’ensemble des maladies dites de civilisation, que le PPP permet de mettre en équilibre. Il s’agit de beaucoup de maladies auto-immunes (qui prennent toujours leur source dans l’intestin) mais aussi de diabète, de cancers etc.

Au secours! On ne sait plus quoi manger!!!!

En conclusion, je vous entend déjà vous exclamer : encore un nouveau réglage alimentaire, on ne sait plus comment manger ! C’est ce que j’entends souvent. Et ma réponse préférée est qu’il n’y a pas UNE vérité en matière d’alimentation, mais un contexte et des besoins individuels. Qui en plus évoluent également en fonction des phases de vie.

La diversité existe parce que nous sommes tous différents!

En tant que naturopathe, la diversité des propositions alimentaires est une richesse dans laquelle on peut puiser au gré des besoins ou des nécessités. Voilà donc encore une nouvelle piste qui mérite d’être expérimentée si vous avez des problèmes de santé que vous n’arrivez pas à surmonter ou tout simplement si vous souhaitez avoir plus d’énergie ou perdre du poids.

La maladie de Lyme, une approche alternative pratique

De la médecine conventionnelle aux méthodes naturelles

Willem Jacobs

éditions Le souffle d’Or, 2016

Un auteur qui mène l’enquête

L’auteur, Willem Jacobs n’est pas un professionnel de santé. Son épouse a été atteinte par une infection de Lyme (autrement nommée borréliose) qui n’a pas été détectée à temps et qui s’est chronicisée. Ils ont alors cherché à comprendre d’où vient cette infection, comment elle se développe, comment elle se diagnostique et se traite. Ces différents points sont abordés de manière accessible et claire. L’auteur a compilé des informations issues de livres et de sites internet. Mais il a également crée son propre site internet grâce auquel il a recueilli de nombreux témoignages directs qui lui ont permis d’étayer ses réflexions.

Lyme, une histoire d’errance médicale

Grâce à l’ensemble de ces données, il constate rapidement qu’il y a un fossé entre l’expérience vécue par les personnes atteintes de cette maladie et leurs prises en charges médicales. Il y a beaucoup d’histoires d’errance médicale et de souffrances non prises en considération. Cela peut s’expliquer en partie par la spécificité de cette infection.

La salive de tique renferme des trésors de biodiversité… à nos dépens…

Car la maladie de Lyme est une infection transmise par une bactérie de la famille des borrélies. Ce sont les insectes piqueurs suceurs et principalement les tiques qui transmettent cette bactérie. Or il existe plusieurs sorte de borrélies qui donnent des symptômes très différents. De plus les insectes peuvent également transmettre d’autres bactéries ou parasites lors d’une même piqûre. Qui vont eux-même produire des symptômes encore différents.

Difficultés à diagnostiquer la maladie de Lyme

C’est un premier point qui rend le diagnostic de la maladie difficile à poser. Ce qui est encore compliqué par le fait que les bilans sanguins existants ne sont pas complètement fiables. Ce sont les raisons pour lesquelles bien souvent l’infection n’est pas diagnostiquée à son initiation et elle va se propager insidieusement.

Et pendant ce temps les borrélies se multiplient…

En effet, ces bactéries vont se multiplier au gré de l’affaiblissement immunitaire de la personne infectée. Cela peut être rapide ou très long en fonction du terrain initial de la personne. C’est encore renforcé par le fait qu’elles ont une incroyable souplesse d’adaptation : elles peuvent changer de forme, se tapir au coeur des cellules, ou encore patienter pendant des années sous forme kystique à l’abri d’un biofilm qu’elles produisent puis se déployer de nouveau dans des moments de faiblesses immunitaires.

Borréliose chronique, un parcours semé d’embûches…

Du fait de ce diagnostic complexe à poser, une partie du corps médical nie également la forme chronique de Lyme. Les soins proposés ne seront donc pas adaptés. Le quotidien de la personne peut être altéré à tous les niveaux. En effet, parfois elles ne peuvent plus travailler. Elles peuvent s’isoler socialement, car elles ont peu d’énergie disponible et de nombreux symptômes qui ne les rendent pas « drôles ». Financièrement cela peut devenir très compliqué.

Et peu de traitement…

D’autres membres du corps médical reconnaissent son existence mais ils ont peu de traitement à proposer. Car, étant donné qu’il n’y a pas consensus au sein du corps médical sur l’existence du Lyme chronique, aucuns crédits ne sont accordés à la recherche et peu d’avancée ont lieu sur les traitements médicamenteux. C’est en général une antibiothérapie au long cours qui est proposée, et elle, a bien sûr, des effets secondaires lourds.

Soins complémentaires et maladie de Lyme : il existe de nombreuses possibilités

C’est pourquoi, les personnes atteintes par la maladie de Lyme finissent toujours par aller chercher de l’aide du côté des soins naturels qui peuvent les accompagner de bien des manières.Il existe maintenant de nombreux protocoles et de nombreuses pistes de soins qui permettent d’accompagner les personnes en fonction de leur sensibilité individuelle, du niveau d’infestation et de la variété des symptômes. Willem Jacobs répertorie de très nombreuses techniques de soins naturels et présente pour chacune en quoi elles peuvent aider. Il n’entre pas dans les détails ce n’est pas l’objectif du livre. Si vous souhaitez avoir des protocoles précis et des posologies il faudra vous tourner vers des praticiens de santé. Mais sa présentation est complète et permet de définir vers quelle méthode ou quel protocole s’orienter.

Merci à Willem Jacobs pour cette contribution

J’ai bien aimé le style de ce livre, sobre et efficace. Il va a l’essentiel sans fioritures et amène de la simplicité dans cette histoire complexe. Un livre qui rend service!

Gagner la lutte contre le cancer

La découverte dont la République n’a pas voulu

Sylvie Beljanski

éd Le souffle d’Or, septembre 2019, 22 euros

Produits Beljanski : ange ou démon ?

Qui n’a jamais entendu parler des produits Beljanski ? « Les » Beljanski comme on dit même parfois, du nom du couple qui les a mis au point. Ce nom finit toujours par arriver à nos oreilles en cas de cancer. Ils sont réputés atténuer les effets secondaire des chimios et des rayons et améliorer l’efficacité de ces traitements. C’est une panacée pour certain.e.s, une arnaque vendue à prix d’or pour d’autres. Je ne suis pas en mesure de trancher sur la question de leur pertinence ou pas en cas de cancer. Par contre la manière dont ils ont été éradiqués du monde des compléments alimentaires est proprement scandaleuse et injustifiable.

Une attaque disproportionnée

Car ces produits 100 % naturels ont été estimés suffisamment dangereux par l’état français pour qu’il envoie le GIGN saisir et détruire tous les stocks, confisquer le matériel de fabrication, détruire toute trace des différentes recettes et arrêter leur créateur. Mirko Beljanski, alors âgé de 73 ans a été emprisonné puis assigné à résidence comme s’il mettait la sécurité de l’état en danger. Et il n’a jamais été question d’armes bactériologiques dans cette histoire mais de faire la « promotion de médicaments non autorisés et de tromperies sur leurs propriétés ». C’était en 1996 et à l’heure actuelle bien des mystères persistent autour de la virulence avec laquelle ces produits ont été attaqués.

Un parcours scientifique prestigieux

C’est ce que tente de comprendre dans ce livre Sylvie Beljanski qui est la fille de Monique et Mirko Beljanski. Elle reprend tous les faits, dresse le contexte de l’époque et nous fait cheminer dans son propre parcours qui l’a mené bien malgré elle à relancer la production et la commercialisation des produits Beljanski. En effet, avocate de formation elle a d’abord défendu ses parents devant les tribunaux puis elle a créé avec d’autres la fondation Beljanski qui reprend et poursuit les travaux de ses parents. Elle retrace aussi les grands axes de la carrière des époux Beljanski, tous deux biologistes et chercheurs à l’Institut Pasteur. Leur travail sur le cancer a mené à plusieurs découvertes essentielles dont certaines remettaient en cause certains dogmes dominants de l’époque. Ce qui leur a valu quelques ennemis opiniâtres, qui ne souhaitaient pas voir leur propres travaux remis en cause alors qu’ils étaient couronnés par un prix Nobel. L’auteure explique simplement, de manière très accessible, les grandes lignes de ces découvertes en biologie moléculaire et quels axes novateurs ils permettaient pour la recherche contre le cancer.

Quand l’industrie pharmaceutique s’en mêle…

On prend la mesure également des enjeux économiques. Le cancer est une manne pour l’industrie pharmaceutique, il n’est pas question de trouver et commercialiser des substances naturelles et donc non brevetables qui permettraient d’optimiser les soins… et de diminuer les coûts des traitements médicamenteux.

Et la politique…

Aux rivalités scientifiques et aux critères économiques se mêlent encore d’autres enjeux, politiques cette fois, quand on apprend que François Mitterrand a utilisé les produits Beljanski pour lutter contre un cancer avancé de la prostate alors qu’il était encore président. De son vivant, les époux Beljanski étaient protégés. Ce ne fut plus le cas à sa mort en cette même année 1996…

En conclusion

Ce livre est aisé à lire et même plutôt prenant. Il est riche en informations sur des niveaux très variés car l’auteure n’ayant pas de formation scientifique a dû elle-même comprendre les différentes problématiques. Le ton du livre est très personnel, car bon nombres d’enjeux émotionnels se mêlent à son histoire. Elle est convaincue du bien fondé des produits développés par le couple Beljanski et elle en présente également les limites : ces produits étant pour certains des concentrés de plantes exotiques, l’approvisionnement est réduit et le coût élevé. Ils ne peuvent donc par essence pas être des produits démocratiques, destinés au plus grands nombre. Mais Beljansky avait le projet de travailler sur les vertus de bien d’autres plantes, bien plus répandues comme certains thés notamment. Il a été fauché en plein vol.

Lire ce livre et le faire acquérir par votre bibliothèque municipale, c’est rétablir un brin de justice dans cette triste histoire.

Ma bible de l’alimentation cétogène 100 % hypotoxique

Ma bible de l’alimentation cétogène 100 % hypotoxique
Olivia Charlet et Alix Lefief-Delcourt
éditions Leduc.s pratique

En quoi consiste l’alimentation cétogène ?

Beaucoup de gras et peu de glucides…

Il s’agit de produire son énergie sur la base de graisses de très bonne qualité. Dans l’alimentation habituelle, on produit notre énergie essentiellement grâce au glucose.
Le glucose est le nutriment qui provient de la famille des glucides : les légumes, les fruits, les céréales, les légumineuses et tous les sucres rapides.
Dans l’alimentation cétogène, on va diminuer drastiquement l’apport de glucides et augmenter notablement la consommation de lipides, de graisses. On dit alors que l’on passe en cétose, c’est-à-dire que le foie produit ce que l’on nomme des corps cétoniques qui deviendront notre source principale d’énergie.

Pertinence du régime cétogène dans de nombreuses pathologies

Au premier abord, ce mode alimentaire semble déroutant. Pourtant on a déjà beaucoup de recul puisque il a été utilisé au début du XXeme siècle pour soigner des enfants épileptiques sur lesquels les médicaments de l’époque échouaient. Il est désormais largement étudié et préconisé car il permet de mettre en équilibre un grand nombre de problèmes de santé. Mais on peut aussi le mettre en place de manière préventive puisque c’est un mode alimentaire vitalisant. Le régime cétogène est très intéressant notamment pour le diabète de type II, certains cancers et tous les troubles cognitifs et du système nerveux (Alzheimer, Parkinson, épilepsie). Il est utilisé également par certains sportifs de haut niveau.

Le régime cétogène est une modalité restrictive de la famille des régimes à index glycémique (IG) bas ou low carb en anglais. Ce réglage est aussi présenté dans ce livre, et on peut en rester à un régime IG bas ou l’utiliser comme une étape qui permet de se préparer et de passer en douceur au régime cétogène.

Le régime Seignalet ou régime hypotoxique

Quant au régime hypotoxique, il fait référence aux travaux du Dr Seignalet, présentés dans son livre L’alimentation ou la troisième médecine qui a été une véritable révolution dans le monde de la nutrition. L’alimentation hypotoxique se caractérise par l’arrêt strict des produits laitiers animaux et de bon nombres de céréales (notamment à gluten). Mais également la consommation en grande quantité d’aliments crus ou cuits peu de temps à la vapeur douce. Ce réglage alimentaire a permis de remettre de l’équilibre dans un grand nombre de maladies, notamment sur les pathologies auto-immunes.

Le fait de réunir ces deux réglages alimentaires est très intéressant car cela créée une synergie d’effets bénéfiques. Cela permet également d’éviter certaines dérives comme par exemple l’excès de consommation de produits laitiers animaux dans le régime cétogène.

Le jeûne intermittent

Mais l’auteure fait encore plus fort en intégrant la pratique du jeûne et notamment du jeûne intermittent dans les programmes qu’elle propose. Ce qui est très cohérent puisque lorsque l’on fait des jeûnes, y compris courts, le corps trouve son énergie dans la production de corps cétoniques effectuée sur la base de nos graisses (en faible quantité lorsque les jeûnes sont courts et en grande proportion pour des jeûne moyens à longs).

Qu’est ce qu’on trouve dans le livre ?

Pleins d’infos ! Comme son nom l’indique, c’est une véritable bible. Il présente en détails ces deux réglages alimentaires, de manière aussi bien théorique que pratique.
Il y a d’abord un rappel très complet de ce que sont les grandes familles de nutriments (glucides, lipides, protides). Puis une explication détaillée de ce que sont les régimes cétogènes et hypotoxiques et de leurs fonctionnements. Ensuite des repères très clairs sont posés afin de permettre la mise en place pas à pas et dans la douceur de ces réglages alimentaires.
Un chapitre entier est également consacré à la présentation des aliments autorisés, qui sont nombreux car malgré le côté restrictif de ces réglages alimentaires il reste bien sûr une grande variété d’aliments que l’on peut consommer ! Enfin la mise en œuvre de ces réglages alimentaires est ajustée à différentes pathologies (cancer, auto-immune, diabète) ou à des besoins particuliers (minceur, sportif, végétarisme). Et le livre conclut sur des recettes bien pratiques.

Mon point de vue

J’ai été conquise par ce livre qui me semble précieux à l’heure de l’explosion des maladies dites de civilisation. Deux réserves cependant : certaines explications sont peut être un peu trop techniques, cela donne un véritable gage de sérieux au livre mais crée une certaine surcharge. Ceci dit, on peut les ignorer facilement sans que cela n’entrave la compréhension de l’ensemble. Enfin ce réglage propose beaucoup de produits d’origine lointaine ou qui ont un coût assez élevé, mais là encore on peut s’en passer et en rester à des aliments plus basiques et répandus dans nos contrées.
Dans tous les cas j’ai été bluffée par le pari audacieux et réussi de cette synthèse des réglages hypotoxiques et cétogènes, couplés à la pratique des jeûnes intermittents !

Il est possible d’écouter la version audio de cette présentation sur Radio Zinzine.

Pourquoi on grossit ?

 

Pourquoi on grossit, de Gary Taubes, Éditions Thierry Souccar, 19,90 €

Gary Taubes est journaliste scientifique. Il démontre en s’appuyant sur de nombreuses études que l’on grossit parce que l’on consomme trop souvent des glucides raffinés (sucre, pain, riz, pâtes et bière). Ainsi la prise de poids est un avant tout un problème hormonal en lien avec la production d’insuline sécrétée lors de la consommation de glucides. Mais elle n’est pas liée aux quantités absorbées. Un livre qui secoue les idées reçues !

Pourquoi on grossit ?

 

Le dogme dominant à l’heure actuelle nous dit que l’on grossit parce que l’on absorbe plus de calories que ce que l’on consomme. Et qu’en conséquence pour maigrir il faut :

  • Manger moins de calories
  • Manger moins gras
  • Faire plus de sport (pour dépenser plus de calories)

Et si tout cela est mis en place et que l’on grossit néanmoins, c’est la faute à notre génétique. C’est simple, mathématique et efficace.

Donc, si tu grossis, c’est ton problème personnel : soit tu es trop paresseux et tu ne dépenses pas suffisamment d’énergie, soit tu manges déséquilibré, soit tu as un déséquilibre psychologique qui te pousse à trop manger. Ça peut aussi être tout à la fois…

Dans tous les cas il s’agit d’un comportement personnel erroné et si tu n’arrives pas à perdre de poids c’est donc que le déséquilibre est PSYCHOLOGIQUE !!! Gary Taubes montre à quel point cette conception de la prise de poids est culpabilisante.

Changer de paradigme

 

Et de manière totalement contre-intuitive, il va contredire l’idée que pour maigrir il faut dépenser plus d’énergie que celle que l’on consomme sous forme de calories. Car ce n’est pas aussi simple que ça comme l’ont constatées bon nombre de personnes qui mangent très peu et qui ne maigrissent pas ou même grossissent… Certaines recherches au début du XXème siècle ont démontrée très clairement les mécanismes à l’œuvre qui font que l’on peut grossir même en mangeant très peu. Il s’agit de processus hormonaux qui soit font stocker sous forme de graisses absolument tout ce que l’on mange, soit, au contraire, vont permettre aux nutriments d’être brûlés et non pas stockés.

C’est l’objet de la première partie du livre qui présente de nombreux arguments qui contredisent le modèle prônant l’équilibre entre calories absorbées et calories dépensées.

Les sucres font grossir

 

La seconde partie du livre montre le lien entre les réglages hormonaux et la prise ou la perte de poids : des dizaines d’enzymes et d’hormones influent sur le stockage de graisse. L’hormone principalement impliquée est l’insuline qui, lorsque son taux est élevé favorise, l’accumulation de graisses dans nos tissus. Or le niveau d’insuline s’élève proportionnellement à notre consommation de sucres et de glucides à index glycémique élevé. C’est donc la consommation répétée de sucres, de pain, de pâtes, de riz surtout raffinés, de bière ou de pommes de terre qui fait grossir sous l’effet de la production d’insuline. La prise de poids n’a que peu à voir avec les quantités d’aliments absorbés ou leur taux de gras.

Les sucres font grossir…

 

C’est l’insuline qui fait stocker le gras

 

On produit de l’insuline dès que l’on s’apprête à manger, avant même d’avoir mangé, puis sa production s’intensifie après les premières bouchées et encore plus dès que du glucose entre dans le sang. Le glucose est utilisé par les cellules comme carburant, stocké sous forme de glycogène (muscles et foie) et sous forme de graisse (foie et adipocytes). Puis quand les taux de glucose et d’insuline baissent, l’organisme se met peu à peu à brûler les graisses. Plus il y a de temps qui s’écoule entre les repas, plus on brûle de graisse, lorsque tout fonctionne bien.

Grossir fait manger (et non pas le contraire)

 

Donc une personne qui arrive à faire baisser son taux d’insuline va perdre du poids. Celle qui n’y arrive pas (parce qu’elle mange trop de glucide ou qu’elle souffre d’insulinorésistance) continuera à stocker de la graisse et à prendre du poids. Tant que l’on a un niveau d’insuline élevé dans le sang, on ne déstocke ni les lipides qui restent dans les adipocytes, ni le glycogène qui reste dans le foie et les muscles, ni les protéines qui restent dans les muscles. Ce qui crée une « faim » cellulaire chronique et on mange plus tôt que prévu ou trop aux repas. Et on stocke plus de gras, mais on fabrique également plus de muscles pour porter toute cette graisse. En conclusion, plus on accumule de graisse plus notre besoin énergétique augmente et donc notre appétit ainsi que notre envie de glucides car c’est le seul carburant que nos cellules peuvent utiliser (puisque tant que le taux d’insuline est élevé, toutes les autres sources d’énergie sont sous clé). C’est un cercle vicieux.

Qu’est-ce que l’insulino-résistance ?

 

La réceptivité des cellules au signal de l’insuline diminue avec l’excès de production d’insuline (donc si on consomme beaucoup de glucides ou de glucides raffinés). Les cellules font la sourde oreille parce qu’elles sont déjà suffisamment gorgées de glucose (on est dans un contexte d’excès de glucides). Il faut donc des taux de plus en plus élevés d’insuline pour que le sucre entre dans les cellules. Et on stocke du gras proportionnellement… Lors d’insulinorésistance, les périodes où notre sang contient de l’insuline s’allongent et peuvent même devenir continues. On ressent alors une forte envie de glucides.

Pour fonctionner un régime doit permettre au tissu adipeux de se re-réguler de façon à ce qu’il libère l’excès de calories accumulées.

Les aliments qui font grossir

 

Manger des aliments glucidiques ne nous fait pas tous grossir, mais celles et ceux qui ont tendance à prendre facilement du poids le doivent toujours aux glucides.

Et particulièrement aux glucides à IG (index glycémique) élevé : farines raffinées (pain, pâtes, céréales), aliments glucidiques liquides (le pire du pire : bières, jus de fruits, sodas) et les aliments riches en amidon (pommes de terre, riz, maïs).

Ce sont les aliments les moins chers, d’où l’épidémie d’obésité chez les personnes pauvres.

Quand les glucides sont mélangés à des fibres (légumes pex) ou à beaucoup d’eau (comme dans les fruits), ils font peu monter l’IG. Ce qui explique aussi pourquoi certains peuples qui consomment traditionnellement beaucoup de glucides issus de céréales peuvent rester minces car il ne consomment aucuns ou très peu de sucres rapides.

Pourquoi les fruits font grossir ?

 

Cependant les fruits peuvent faire grossir car leur sucre est essentiellement du fructose qui est très adipogène (fait stocker du gras) et donc chez les personnes prédisposées accentue le processus.

Les pires aliments sont le saccharose (moitié fructose, moitié glucose, c’est le sucre blanc) et le sirop de glucose-fructose (pex dans les sodas ou les yaourts aux fruits, dominante de fructose) qui est présent dans tous les produits sucrés issus de l’industrie alimentaire.

Le fructose est métabolisé par le foie (il ne passe aucunement par la voie du glucose). Or, les fruits modernes sont sélectionnés pour concentrer le fructose, ce qui est accentué dans les jus de fruits. Inondé de fructose, le foie va le stocker en graisses et comme parallèlement la voie de la glycémie est également activée (puisque dans ces aliments il y a du glucose et du fructose), il y a deux sources de stockage de graisses. Et au bout d’un moment, sous l’effet de l’excès de fructose, le foie également va stocker du gras, c’est la stéatose hépatique. Et par un effet domino pas encore élucidé, le tissu musculaire va devenir plus facilement insulino-résistant. Ainsi, même si le fructose n’influe pas directement sur la glycémie, à terme, s’il est consommé en excès, il peut rendre insulino-résistant.

Et l’alcool ?

 

Le métabolisme de l’alcool se fait aussi dans le foie qui le convertit en énergie et en une molécule nommée « citrate ». Les citrates alimentent le processus de production d’acides gras à partir du glucose. Ainsi l’alcool également accentue la stéatose hépatique (foie gras). Et si l’alcool en question contient beaucoup de glucides (comme la bière pex dont 1/3 des calories proviennent du maltose, un glucide raffiné) ou que l’on en consomme beaucoup à l’apéro (chips), cela fait monter la glycémie et on stocke du gras (les abdos « kro »).

Drogués aux glucides

 

Les glucides fournissent rapidement de l’énergie, donc la pente naturelle nous invite à en consommer. Surtout que les sucres stimulent le système de récompense / renforcement dans le cerveau de manière aussi forte que n’importe quelle autre addiction (alcool, tabac, drogue).

Plus on attend entre deux repas, plus on a consommé d’énergie, plus on a faim, plus les aliments nous paraissent savoureux, plus on mange en quantité.

Image by John Hain from Pixabay

 

Comment maigrir ?

 

On l’a compris, il s’agit de réduire sa consommation de glucides (et non pas de calories!! donc pas de sensation de faim – mais pas d’aliments récompense…) :

  • Manger viande, poissons, œufs, légumes verts, surtout feuilles, à volonté.
  • Suppression des sucres, farines, pomme de terre, bière et jus de fruits.

Déterminer individuellement quelle quantité de fruits et de légumes non féculents (notamment pois, artichauts, concombres) votre organisme est en mesure de tolérer.

Modération ou suppression totale des glucides ?

 

Moins nous consommons de glucides, plus nous restons minces. Cependant, garder en tête que la silhouette la plus mince que nous puissions avoir n’est pas forcément celle que nous souhaitons avoir !!! En matière de corpulence, il y a des variations d’ordre génétique indépendantes de notre alimentation. De plus la présence d’insuline est majeure dans la prise de poids mais il y a également un grand nombre d’autres hormones et enzymes qui agissent et un taux bas d’insuline ne suffit pas toujours à rétablir l’équilibre (en ce qui concerne le poids par contre cela améliore l’état de santé d’un point de vue global). Pex la baisse des oestrogènes chez la femme ménopausée ou de la testostérone chez l’homme facilitent grandement la prise de poids. Parfois aussi il est difficile de remettre en équilibre les dommages causés par une vie entière à consommer trop de glucides et de sucre.

Donc il n’y a pas de règles absolues concernant la quantité de glucides que l’on peut absorber tout en restant mince ou en continuant à maigrir.

Pour certain.e, il suffit d’arrêter les sucres et de consommer avec modération les autres aliments glucidiques, pour d’autres il faut approcher du « zéro glucides ».

Donc si l’on n’arrive pas à mincir, il faut diminuer toujours plus les glucides absorbés mais aussi identifier ce qui VOUS fait grossir. Certains autres aliments stimulent la sécrétion d’insuline : les produits laitiers et notamment la crème, les sodas light et autres édulcorants (attention aux sucrettes etc), le café, les fruits à coques…

On reparle du jeûne intermittent

 

Un jeûne de 16 ou 24h aide parfois à surmonter ces paliers où l’on ne perd plus de poids.

Parfois cela peut prendre du temps (quelques mois à quelques années) avant de fonctionner car lorsque l’on est au stade de l’insulino-résistance, il faut du temps pour que les tissus adipeux apprennent à se re-réguler (si l’on a du mal à l’accepter se souvenir qu’il y a eu des décennies d’excès qui ont créés cette dérégulation, patience donc…).

Et si l’on est végétarien/vegan ?

 

Il est possible de supprimer les sucres, la farine et les féculents et de ne consommer que des légumes feuilles, des légumineuses et des céréales complètes (index glycémique -IG- bas). L’IG est bas, ce qui est bien mais la charge glycémique, c’est-à-dire la quantité totale de glucides absorbés reste élevée. Donc la perte de poids sera plus difficile mais l’amélioration globale de la santé sera au rendez-vous.

Quelques régimes à IG bas

 

Trois méthodes parmi les plus connues :

– Fixer une quantité idéale de glucides pouvant être consommés, pex 72 g quotidiens de Wolfgang Lutz (300 calories). Cette méthode permet de minimiser les effets du changement de mode alimentaire (passage en cétose, petits moments d’hypoglycémie, appel du sucre etc.).

– Apport glucidique minimal : les glucides alimentaires ne nous apportent rien et les effets secondaires de courte durée qui accompagnent le processus d’adaptation ne sont pas un réel problème lorsque l’on est motivé.

– Compromis (Robert Atkins) : lorsqu’une personne est motivée pour perdre du poids, elle met temporairement de côté toute envie d’ordre gustatif, c’est la phase de démarrage (chez Atkins, moins de 20 grammes de glucides par jour, c’est à dire un peu de légumes feuilles). Elle initie une perte de poids rapide. Une fois son but atteint, elle peut réintroduire de petites doses des aliments supprimés. Et lorsqu’elle cesse de mincir, elle doit les supprimer de nouveau ou trouver les justes doses. Donc si vous prenez du poids en mangeant une pomme par jour, il faut la supprimer. Si ce n’est pas le cas, alors vous la supportez bien., idem avec une orange, les pâtes al dente etc. Déterminer individuellement la quantité et le type de glucides que votre organisme tolère…

Drogués aux glucides (partie 2)

 

Par contre, attention : pour certaines personnes une consommation même faible de glucides équivaut à s’autoriser à fumer une cigarette de temps en temps pour un ancien fumeur. Pour certains le caractère occasionnel de ces écarts fonctionne, pour d’autres, c’est la pente glissante qui mène à la réintroduction insidieuse de ce qui nous fait grossir (petite dose par petite dose) au point d’arriver à en conclure que le régime hypoglucidique ne fonctionne pas…

Le plus dur à gérer dans ce type de régime est la fringale de glucides qui relève de l’addiction à la sécrétion forte de dopamine engendrée par la consommation de sucre. Mais on peut venir à bout de cette addiction avec des efforts et de la patience (parfois 12 à 18 mois sont nécessaires !! ceci a été évalué chez des enfants obèses)… Lorsque l’on s’autorise occasionnellement quelques sucreries, il est plus difficile de faire cesser ces fringales sucrées. Et comme pour l’arrêt du tabac, il faudra parfois faire plusieurs tentative d’arrêt avant d’y arriver…

La quantité consommée compte quand même un peu !!!

 

Il est important également de manger à sa faim, surtout pas de restriction calorique ou de quantité. Manger dès que l’on a faim (lorsque l’on attend trop on a tendance à trop manger) et faire plusieurs repas. Par contre, être à l’écoute de la sensation de satiété, et, très important, cesser de manger dès qu’ on n’a plus faim.

En conclusion

 

J’ai trouvé ce livre ingénieux et déroutant. Il est très bien argumenté, très bien documenté et convainquant. Les chemins physiologiques sont la plupart du temps très clairement exposés, ce qui en rend la lecture parfois un peu technique, mais toujours passionnante. Il y a encore de très nombreuses informations dans ce livre riche en idées que je vous recommande de prendre le temps de lire. Cela peut être un préambule avant de se lancer dans un régime à IG bas (de type Atkins ou cétogène) pour bien en comprendre les mécanismes.

Soulager l’endométriose sans médicaments

Soulager l’endométriose sans médicaments, Alimentation, homéopathie, plantes, relaxation, yoga… Votre programme en 2 semaines pour surmonter la douleur, par Stéphanie Mezerai et Sophie Pensa, aux Éditions Leduc.s 18 euros

Vous êtes une femme et vous vous tordez de douleurs pendant vos règles, parfois jusqu’à vous évanouir ou en vomir. Vos règles sont très abondantes. Vous souffrez lorsque vous urinez ou lorsque vous allez à la selle, pendant vos règles et même à d’autres moments du cycle. Peut être que vous souffrez d’endométriose… Après avoir présenté ce qu’est l’endométriose, comment on la diagnostique et les traitements médicaux, ce livre propose de nombreuses pistes de soins complémentaires.

 

Qu’est-ce que l’endométriose ?

 

L’endomètre est la muqueuse de l’utérus. C’est ce tissu du corps qui se desquame et que l’on élimine lors des règles. Or, dans l’endométriose des cellules de l’endomètre migrent (on ne sait pas encore exactement pourquoi) en dehors de l’utérus : dans les trompes, dans le péritoine, la vessie, le rectum… Et ces cellules se desquament et saignent en même temps que les règles sauf que le sang s’écoule dans des voies sans issues. L’endomètre a alors du mal à être éliminé, ce qui crée de l’inflammation et des cicatrices que l’on nomme des adhérences. Et au fur et à mesure des cycles, les douleurs peuvent s’intensifier…

 

Comment est-elle diagnostiquée ?

 

Elle a pendant très longtemps été mal diagnostiquée tant s’est imposée l’idée que règles et douleurs sont inéluctablement associées. Le diagnostic est maintenant posé grâce à un examen clinique orienté complété par une échographie ou une IRM pelviennes. Mais parfois les lésions sont difficiles à observer et les praticiens radiologues ou gynécologues mal formés sur cette question, ce qui peut créer des années d’errance médicale et de souffrances. Car l’ampleur de l’endométriose peut croître et d’autres maladies s’associer (en lien direct avec les sites affectés par l’endométriose ou des dérèglements de l’immunité).

 

Comment la soigner ?

 

On ne sait pas vraiment la soigner, mais on peut grandement la soulager et freiner son évolution.

 

La prise en charge médicale :

 

Elle consiste en premier lieu à soulager les douleurs parfois difficilement soutenables par des anti-inflammatoires et antalgiques plus ou moins forts. La prise de ces médicaments qui ont de nombreux effets secondaires est à éviter au long court.

Étant donné que les douleurs sont en majorité liées au saignement pendant les règles, la prise de pilule anticonceptionnelle en continu de manière à ne plus avoir de règles est le traitement principal.

Lorsque des lésions sont installées, comme des kystes et des adhérences, des opérations chirurgicales sont parfois effectuées.

Dans tous les cas, il y aura rémission ou amélioration à la ménopause, mais s’il y a beaucoup d’adhérences anciennes ou d’autres pathologies associées des problèmes de santé peuvent persister.

 

L’accompagnement par des soins complémentaires :

 

C’est pourquoi, et c’est l’objet principal de ce livre, la prise en charge avec des soins complémentaires est hautement conseillée. Plus la prise en charge sera globale et précoce et plus les chances d’améliorations seront grandes. Selon les types de soins, ils vont pouvoir aider à soulager ou gérer la douleur, contribuer à libérer les adhérences, atténuer les crises et prendre en charge les autres pathologies qui peuvent se développer en lien avec l’endométriose.

La palette de soins possibles est immenses :

  • acupuncture
  • ostéopathie
  • techniques d’hydrologie (utilisation de l’eau chaude et froide)
  • traitements homéopathiques et énergétiques
  • réglages alimentaires et changements de mode de vie via la naturopathie
  • prise de phytothérapie et de compléments alimentaires

Chaque technique de soin est présentée de manière synthétique et accessible ainsi que les contributions qu’elle peut amener. Ce livre regorge d’idées et de propositions sans pour autant que l’on s’y noie. Il est conçu de manière très concrète, pratique. Si une technique ne fonctionne pas, on peut faire appel à une ou plusieurs autres. Les auteures conseillent bien sûr de se faire suivre quand c’est possible par des praticiens de santé. Mais elles proposent également dans le livre de nombreux outils concrets que l’on peut s’approprier par soi-même. Ceci est intéressant puisque la plupart de ces soins ne sont pas remboursés.

 

Se soigner en autonomie

 

Les auteures du livre proposent de nombreuses pistes à tester en autonomie. Des points de réflexologie, des exercices de yoga, des réglages alimentaires, des cures de détoxification et bien d’autres… Ce livre fournit un survol de toutes ces pistes, mais il donne les moyens de discerner ce qui peut être bon pour chacune. Car nous sommes toutes différentes et ce qui a soulagée une femme n’en soulagera pas forcément une autre. Je trouve ce parti pris intéressant, il a certes l’inconvénient d’aborder chaque piste de manière assez brève (et non pas superficielle!) mais il a l’avantage de proposer de très nombreuses idées.

 

Un programme à faire chez soi

 

Le livre se conclut sur 14 jours de programme anti-douleur composé de réglage alimentaire, d’exercices de yoga et de gestion du stress à mettre en place chez soi.

De nombreuses associations ressources et bonnes adresses sont présentées.

Ce livre est à mon sens un véritable message d’espoir pour toutes les femmes qui souffrent de manière chronique et qui peuvent se sentir démunie, dans l’impasse.

Les joies d’en bas, tout sur le sexe féminin

 

Aujourd’hui, je vais vous transmettre mes impressions de lecture du livre Les joies d’en bas, Tout sur le sexe féminin, de Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl aux Éditions Actes Sud, pour la modique somme de 22,50 €.  S’il fallait résumer ce livre très dense en une phrase, ce serait sous la forme d’une chansonnette : « Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le sexe au féminin… » Ce livre répond à un nombre incroyable de questions que vous ne vous êtes peut être jamais posées

 

Des étudiantes en médecine féministes

 

Les auteures du livre, Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl, ont créé un blog en 2005 sur la santé sexuelle, le corps féminin et la sexualité. Elles étaient alors étudiantes en médecine en Norvège. Ce blog a rapidement connu un énorme succès, a leur plus grande surprise. En effet, comme elles l’écrivent dans la préface de ce livre, à l’époque actuelle les sources d’informations sur la sexualité sont multiples et variées et elles n’étaient pas vraiment certaines de répondre à un réel besoin. Pourtant les réactions furent nombreuses et provenaient d’un public très large, hommes et femmes de tous les âges. 

Deux ans plus tard, elles ont écrit ce livre en réponse aux grands nombres de commentaires et questions récurrents reçus sur le blog. Les deux auteures ont pris la mesure du fait que bon nombre de personnes manquent d’informations qui pourraient sembler élémentaires. Et que pas mal de femmes ne se sentent pas « normales » ou ont l’impression de dysfonctionner.

 

Optimiser le désir

 

Leur credo est simple et limpide. Nous sommes toutes et tous différents. Nous avons des besoins, des désirs et des envies différents. Et tout est possible dans la mesure où cela se passe dans le plus strict respect des besoins, désirs et envies de l’autre. La sexualité peut être une source de joies intarissables. Malgré cela, elle est trop souvent tabou ou connectée à des tensions, peurs ou performances absurdes qui peuvent rendre la sexualité désagréable et anxiogène. C’est en apprenant à se connaître que l’on peut se respecter et prendre plaisir.

 

Connaître son corps

 

C’est pourquoi, elles ont choisi de traiter dans ce livre tous les sujets possibles qui ont trait à la sexualité féminine. Ce livre est très exhaustif : il aborde en détails l’anatomie du sexe féminin, puis sa physiologie, c’est-à-dire son fonctionnement quand tout va bien (comme les diverses qualités de sécrétions vaginales, les règles et le fonctionnement hormonal et la fécondité).

Il y a ensuite un long développement sur la contraception et sur la sexualité (les premiers rapports sexuels, le sexe anal, le rythme des rapports sexuels, les différents types de désirs…). Et pour terminer une grosse partie sur les troubles gynéco, tels que les IST (infections sexuellement transmissibles), en passant par l’endométriose, les cystites et encore pleins d’autres dysfonctionnements.

Les deux auteures traitent tous ces thèmes de manière simple et détendue, mais avec aussi beaucoup de sérieux. Les explications sont claires, accessibles et très documentées.

 

Du patriarcat en gynécologie…

 

Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl mettent les pieds dans le plat sur pas mal de questions litigieuses. Elles montrent que sur un grand nombre de sujets les recherches sur la sexualité féminine ont été effectuées par des hommes, ce qui a deux conséquences : certains sujets ne sont pas explorés du tout, d’autres sont totalement déterminés par les conclusions d’un mâle dominant.

C’est le cas par exemple de la distinction imposée par Freud entre orgasme vaginal et clitoridien qui sévit encore largement de nos jours. Selon lui, seul l’orgasme vaginal par pénétration serait un véritable orgasme. Or, les deux auteures montrent qu’il y a de fortes probabilités que l’orgasme vaginal soit également un orgasme clitoridien car la plus grande partie du clitoris est enfouie.

Elles insistent sur le fait que nos anatomies présentent de grandes variations et que l’accès au plaisir peut suivre de nombreux chemins, sans besoin de hiérarchiser.

 

Le mythe de l’hymen

 

Dans le travail qu’elles mènent de déconstruction des idées reçues, il y a également toute une partie sur l’hymen qui démontre que l’hymen qui saignerait systématiquement lors du premier rapport sexuel et qui serait la preuve de la virginité d’une jeune fille est tout bonnement un mythe qui a la vie dure.

L’hymen existe bel et bien, mais c’est une membrane extrêmement élastique et souple qui a des aspects très différents d’une femme à l’autre et il est rare qu’il se rompt pour saigner lors du premier rapport sexuel. Il semble que les médecins légistes (en tous cas en Norvège) ne considèrent plus l’examen de l’hymen comme valide pour affirmer qu’une fille vierge a subi une relation sexuelle avec pénétration. Pourtant c’est seulement en 2006 que la dernière clinique norvégienne qui reconstruisait l’hymen de jeunes femmes avant le mariage a du mettre un terme à cette opération. Sachez d’ailleurs que l’on peut acheter des faux hymen qui saignent avec du faux sang sur internet pour la somme de 30 dollars, cela peut éventuellement rendre service.

 

Les intersexes

 

La partie sur la question du genre est également éclairante malgré sa brièveté. Les auteures choisissent de se limiter délibérément à présenter trois aspects de cette vaste question : génétique, anatomique et psychologique. Elles montrent que l’on ne peut rien simplifier sur cette question, qu’il y a des variantes génétiques et anatomiques qui ne correspondent pas aux standards du féminin et du masculin et qu’il s’agit de reconnaître ces variations dans leurs spécificités notamment en prenant en considération les revendications des personnes intersexes.

 

Quelques réserves…

 

Je ne me sens cependant pas en accord avec toutes leurs démonstrations, comme leurs critiques des méthodes de contraception naturelle. Celles-ci sont évoquées rapidement et tout aussi vite révoquées, alors que de longues pages sont consacrées à toutes les autres méthodes de contraception.

Je ne me retrouve pas non plus dans leur grande confiance dans le bon fonctionnement du système de pharmaco-vigilance qui a pourtant largement démontré ses défaillances. Elles se positionnent sans nuances pour la vaccination contre le papilloma virus, alors même que l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin sont fort contestés, y compris au sein du corps médical.

Donc si certains de ces thèmes vous concernent de plus près, avec le besoin de faire des choix et de prendre certaines décisions, il me semble qu’il sera important de diversifier les sources d’informations. Vous pourrez par exemple consulter le livre Mammamélis de Rina Nissim qui est un manuel de gynécologie naturopathique ou encore le livre de Nicole et Gérard Delépine Hystérie vaccinale : Vaccin Gardasil et cancer, un paradoxe.

 

Pour les jeunes ados… et les vieux…

 

En dépit de ces quelques réserves, ce livre est de grande qualité. Il est un précieux manuel sur tout ce qui touche à la sexualité féminine, qui donne beaucoup d’informations et aide à en déconstruire d’autres. Je trouve que ce livre a de la profondeur, tout en restant très accessible. Il est donc possible, et conseillé, d’en proposer la lecture aux jeunes qui entrent en sexualité. Tous les jeunes, hommes, femmes et intersexes car toutes ces infos méritent d’être partagées, discutées et expérimentées, quelle que soit la manière dont on se définit. J’ai pour ma part également appris pas mal de choses alors que je pensai en connaître un rayon sur le sujet…

Chaque dépression a un sens

 

Chaque dépression a un sens, Causes méconnues et soins novateurs, Johann Hari, Éditions Actes Sud 2019, 22,80 €

La consommation mondiale d’anxiolytiques et d’antidépresseurs est en augmentation constante dans le monde. À titre d’exemple, le seul marché des antidépresseurs est d’environ 500 millions d’euros en France. L’auteur du livre que je vous présente aujourd’hui, Johann Hari, a consommé des antidépresseurs de l’âge de 18 à 31 ans.

L’escalade des antidépresseurs

 

Johann Hari a souffert de dépression depuis l’enfance. Ses premières années de prises d’antidépresseurs ont représenté une telle amélioration de sa qualité de vie qu’il en a été le fervent défenseur. Il explique dans ce livre qu’en tant que journaliste, il a publié de nombreux articles et fait des conférences sur l’aspect positif et salvateur des antidépresseurs.

La dépression et l’anxiété (qui sont en général associées) sont le fait de déséquilibres biochimiques dans le cerveau. La prise de médicaments permet de ramener de l’équilibre et les symptômes disparaissent. Telle était l’explication que diffusait abondamment Johann Hari et dont il se satisfaisait.

Sans prendre acte du fait qu’au fur et à mesure des années, il augmentait sans cesse les doses de médicaments ingérés et que les effets secondaires négatifs s’accumulaient tels qu’une prise de poids importante et des troubles de sa sexualité. Mais la crainte de retomber dans ses souffrances passées étaient telles qu’il refusait de prendre en considération cette dynamique.

Jusqu’au moment où suite aux remarques répétées d’un psychothérapeute et à une crise aiguë malgré la prise de médicaments à hautes doses, il a pris conscience du fait qu’il était dans une fuite en avant. Les antidépresseurs soulageaient ses symptômes mais en créaient d’autres et ils ne lui permettaient pas d’identifier ni d’atteindre les causes de ses accès dépressifs…

 

À la recherche des causes de la dépression

 

Parallèlement à l’arrêt des médicaments, Johann Hari s’est lancé dans une grande enquête à l’échelle mondiale afin d’identifier différentes causes génératrices de dépressions et des solutions concrètes, déjà expérimentées, que l’on peut apporter à ces causes. Il a identifié huit causes et des pistes prometteuses associées à chacune d’elle.

L’auteur ne prétend pas avoir fait le tour exhaustif de la question. Toutes les causes qu’il a identifiées sont des causes sociales et existentielles :

  • travail vide de sens auquel on consacre d’interminables heures de notre existence
  • perte du lien social et solitude
  • matérialisme exacerbé qui nous détourne de valeurs plus fondamentales et nous rend toujours plus insatisfaits
  • déni des traumas infantiles et de leurs effets dévastateurs sur la construction de la personnalité
  • la perte du lien avec la nature
  • la difficulté à se projeter dans le futur du fait d’une situation politique ou sociale intenable et qui semble sans solutions…

Ces causes politiques, sociales et environnementales sont en lien avec notre mode de vie moderne et planétaire. C’est pourquoi il parle d’épidémie de dépression et d’anxiété. Le nombre de personnes touchées flambent partout dans le monde et les ventes d’antidépresseurs et d’anxiolytiques avec. C’est quasiment l’unique réponse massivement employée à l’échelle mondiale, pour la plus grande joie des multinationales pharmaceutiques.

 

À chaque cause ses solutions

 

Johann Hari explore alors un certain nombre d’initiatives sociales, militantes ou médicales qui ont permis d’agir sur les causes et de rendre les participants plus heureux. Le fait que la dernière partie du livre soit consacrée à des pistes de solutions est essentiel. Cela permet de prendre conscience du fait que l’on peut tous agir (de la même manière que l’on peut tous plonger en dépression) et que des solutions existent. La prise d’antidépresseurs reste parfois pertinente, mais elle doit être transitoire, le temps de retrouver de l’énergie et de mettre en place des changements qui permettent d’agir sur les causes.

 

Mon avis

 

Ce livre est très agréable à lire car il est à la fois intime et documenté. La quête de compréhension de l’auteur est tout autant personnelle qu’une véritable et minutieuse enquête. Il présente ce livre comme une étude et des réflexions qui sont à creuser mais qui lui ont permises de mieux comprendre ce que lui et de nombreuses autres personnes vivaient depuis des années.

Les nombreuses sources auxquels Johann Hari se réfère sont documentées. Il invite vivement le lecteur à s’y rendre pour en creuser le contenu. Il donne véritablement à voir ce qu’est la dépression et ses profonds effets dévastateurs.

C’est également une analyse sensible de l’évolution délétère sur l’équilibre individuel et collectif des traits de caractères principaux de nos sociétés modernes : le pouvoir de l’argent, l’attrait consumériste, la peur de l’autre et l’isolement associé, le nombre d’heure toujours croissants que l’on passe dans un travail vide de sens avec la peur de le perdre et besoin de maintenir un certain niveau de consommation…

J’ai donc lu ce livre avec beaucoup d’intérêt, même s’il parle de nombreux points que beaucoup connaissent déjà, mais le fait de rassembler toutes ces infos dans une même œuvre et de s’appuyer sur de nombreuses études ou expérimentations actuelles lui donne une portée novatrice.

Par contre, je regrette que dans les pistes de solutions, rien ne soit évoqué qui concerne la recherche de rééquilibrage nutritionnel (comme dans les travaux de la psychiatrie dite orthomoléculaire) ou les expériences en lien avec des temps de jeûne.