Comment faire un lavement intestinal ?

Comment faire un lavement intestinal ?

28 février 2020 0 Par Marion Henry

Le matériel : un kit de lavement

Il faut d’abord vous procurer un kit de lavement ou bock à lavement. Cela s’achète sur internet ou en pharmacie. Il existe deux modèles : un modèle avec un récipient en plastique dur et un en plastique souple. L’avantage du modèle en plastique dur est qu’il peut être posé sur un meuble, son inconvénient est qu’il prend de la place. Ce dernier point n’est pas pratique si vous souhaitez emmener votre bock en voyage (notamment pour se rendre à un stage de jeûne !). Je préfère les modèles en plastique souple, mais il faut disposer d’une attache en hauteur pour pouvoir le suspendre. Les kits de lavement sont dans tous les cas bons marché (entre dix et trente euros) et à mon sens cela fait partie des indispensables à avoir chez soi dans le cadre de la prévention santé et des pratiques d’autonomie. Il existe néanmoins des contre-indications que j’aborderai plus bas.

Qu’est-ce qu’on met dans le récipient à lavement ?

De l’eau… mais pas n’importe quelle eau !

De l’eau filtrée

En effet, il ne s’agit pas d’utiliser de l’eau chlorée, nos muqueuses n’aiment pas du tout ça ! Donc l’idéal c’est d’utiliser de l’eau filtrée, par exemple avec un système de filtres à osmose inverse. Éventuellement avec un système type carafe Britta. Cependant l’inconvénient de ce type de filtre est qu’ils ne ciblent pas énormément de toxiques (par contre c’est OK pour le chlore) et que lorsqu’ils sont saturés de polluants, ils ne filtrent plus rien. Or on ne dispose d’aucun moyen pour savoir s’ils sont saturés ou pas.

De l’eau bouillie puis tiédie

Faites bouillir la quantité d’eau que vous souhaitez utiliser (entre un demi et deux litres) et laissez la tiédir. Plongez votre doigt dans l’eau pour vérifier la température avant de démarrer le lavement. Soyez prudent.e, la muqueuse du rectum est fragile et sensible. Vous ne devez utiliser ni eau froide (qui peut créer un choc thermique) ni eau trop chaude (qui peut vous brûler). Le fait de faire bouillir l’eau, en plus d’éliminer un grand nombre de germes, permet de se débarrasser du chlore par évaporation.

De la tisane, du jus, de l’argile…

Vous pouvez aussi faire une tisane de plantes qui amèneront leurs vertus. La tisane de camomille est un classique, elle est anti-inflammatoire et apaisante de toutes les muqueuses. Il en va de même avec la tisane de fleurs ou de racine de mauve ou de feuilles de plantain. J’insiste : rappelez-vous bien de la faire tiédir avant de l’utiliser pour la douche intestinale. Il est possible également de diluer du jus d’herbe : jus d’herbe de blé ou jus d’herbe d’orge car la chlorophylle qu’ils contiennent sont des antiseptiques intestinaux. Vous pouvez aussi ajouter 3 à 4 cuillerées à soupe d’argile blanche pour un litre d’eau. L’argile amènera ses propriétés anti-toxiques, minéralisantes et cicatrisantes pour la muqueuse intestinale. Il existe aussi une recette de lavement au café qui a une action détox et antalgique. Enfin, vous pouvez aussi vous procurer des mélanges de plantes tout prêts à diluer dans les bocks à lavement (en boutique bio ou sur internet).

Comment s’installer pour un lavement ?

Vous devez poser ou accrocher le récipient en hauteur. Au minimum à un mètre du sol car l’eau va descendre grâce à la loi de la gravité. Veillez à ce qu’il soit bien fixé : il ne doit pas vous tomber dessus si vous bougez un peu lorsque vous pratiquez le lavement.

Vous pouvez vous installer au sol sur une ou des serviettes dans la pièce qui vous convient mais vous ne devez pas être loin de toilettes. Ou vous installer dans la douche ou la baignoire lorsque leurs dimensions le permettent.

Heures creuses…

Dans tous les cas, vous devez être au calme, pouvoir vous centrer sur vous et votre bien-être. Prendre le temps dont vous avez besoin. Vous ne devez pas démarrer un lavement dans la salle de bain à « l’heure de pointe » ! A l’heure où toute la famille veut prendre sa douche ou se brosser les dents… Si besoin, enfermez-vous pour ne pas être dérangé.e et choisissez le moment « heure creuse ».

De la chaleur…

La pièce dans laquelle vous allez faire votre lavement doit être chauffée si c’est en hiver. Vous pouvez mettre de la musique douce… Aménagez ce moment afin qu’ils soit confortable.

Dans quelle position ?

Celle qui vous convient le mieux ! Il y a plusieurs possibilités.

Vous pouvez être allongé.e sur le dos, genoux relevés, plantes des pieds posées au sol.

Ou encore vous installer à quatre pattes.

Mais aussi vous mettre sur le côté gauche ou le côté droit.

Dans la position qui vous convient, détendez-vous puis introduisez doucement la canule qui a été graissée ou huilée au préalable. Vous pouvez le faire sur une expiration, car l’expir facilite la détente.

Puis ouvrez le petit robinet et laissez couler l’eau tiède.

Pendant le lavement…

Si vous ressentez des spasmes ou des crampes intestinales, fermez le robinet ou pincez le tuyau pour que l’eau cesse de couler. Puis faites quelques respirations profondes, détendez-vous. Reprenez le lavement quand les spasmes sont passés. Et ainsi de suite jusqu’à vider le bock à lavement.

Prenez du temps pour le lavement. Plus les selles sont amollies et plus il sera efficace. L’idée n’est pas de vider le réservoir au plus vite. Cette pratique peut durer 20 minutes ou une demi heure. Vous pouvez procéder par étapes, laisser entrer un peu d’eau, faire une pause, puis en faire passer encore un peu etc.

Une fois le bock à lavement vide, tentez de garder le lavement quelques minutes (5 à 10 minutes), en pratiquant des respirations profondes. Vous pouvez également poser une bouillotte sur le ventre car la chaleur détend. Ou encore vous masser le ventre en douceur, dans le sens des aiguilles d’une montre. Et quand vous n’y tenez plus, allez évacuer le liquide dans les toilettes.

L’évacuation se fera en plusieurs fois. Donc ne vous éloignez pas trop des toilettes dans l’ heure, voire même les deux heures, qui suivront cette douche intestinale.

Des phases intermédiaires…

Si le rectum ou l’intestin sont très encombrés (en cas de constipation par exemple), il se peut que vous ayez besoin d’évacuer les liquides avant d’avoir terminé le contenu du bock. Essayez autant que possible de conserver le lavement quelques minutes, cela permet d’amollir en partie les selles. Puis vous allez sur les toilettes pour éliminer ce qui doit l’être. Mais si vous n’y tenez plus, faites une première évacuation, y compris si elle se produit peu de temps après avoir commencé le lavement.

Vous pouvez ensuite au choix reprendre le lavement pour finir le bock (et une fois passée la première évacuation ce sera plus facile) ou en rester là pour cette fois.

A quelle fréquence faire un lavement intestinal ?

Sur ce sujet, le débat est loin d’être clos. Il y a les anti (y compris dans les soins naturels) qui considèrent que cela déséquilibre la muqueuse intestinale et notamment que ça la distend ce qui ralentirait le transit. Pour ceux-là, le lavement n’est jamais recommandé. Et puis d’autres praticiens qui considèrent que cela fait partie de l’hygiène intestinale de base et qu’il faut faire un lavement par semaine par exemple. Ou des séries de lavements quotidiens par périodes. Cela me semble trop. A mon sens, les lavements sont intéressants dans des contextes précis comme les protocoles de détox et les temps de jeûne. Ou lorsque l’on a un déséquilibre de santé qui concerne soit l’intestin soit les muqueuses de la sphère ORL. Je ne recommande jamais les lavements au quotidien car c’est une pratique qui sollicite la force vitale. Elle peut donc induire de la fatigue.

Une fois de plus, personne d’autre que vous-même n’est mieux placé pour estimer votre besoin. Cela passera par l’observation de vos ressentis.

Ou ne pas en faire ?

Vous pouvez aussi ne pas du tout être attiré.e par cette pratique, voire même être répugné.e ou anxieux.se. Dans ce cas ne vous forcez pas, ne vous contraignez jamais, il existe d’autre moyens de drainer l’intestin (comme la purge au chlorure de magnesium ou au nigari). Il y a d’ailleurs des contre-indications strictes et variées au lavement intestinal. Il est important d’en prendre connaissance avant de pratiquer.

Les contre indications au lavement intestinal

Les hémorroïdes en phase aiguë, les tumeurs (anus ou rectum), les fissures et fistules anales.

Si vous avez subi une opération de l’intestin ou si vous avez un diagnostic de maladie sur cette zone comme la recto-colite hémorragique par exemple.

Les troubles cardiaques sévères, une hypertension importante ou encore la tendance aux malaises vagaux.

La grossesse.

Une ou des phobies en lien avec la sphère annale.

En conclusion : se respecter

Aucune technique de soin, aucune substance naturelle ou pas, aucun praticien de santé ne convient à tout le monde. Ceci puisque nous sommes uniques et nos besoins différents. Et qu’il varient également en fonction de nos phases de vie. Donc si vous sentez en vous des réticences, respectez-les. Pour les autres, bonne pratique et n’hésitez pas à laisser des commentaires sur cet article!