La crise d’acidose, ou crise de détoxination, est un phénomène courant lors d’un jeûne. Les effets physiques, comme des nausées, des maux de têtes, des douleurs, des suées ou une légère tachycardie, apparaissent entre 36 et 48h après le début du jeûne, soit à partir du 2e ou 3e jour de jeûne. Ces réactions ne sont pas les mêmes chez toutes les personnes qui pratiquent le jeûne et elles sont passagères, néanmoins, comprendre le phénomène d’acidose permet de mieux vivre ce moment. Nous allons vous donner les informations nécessaires pour accepter et dépasser cette période désagréable du jeûne.
Glycémie ou cétose : deux techniques pour produire de l’énergie
Au niveau physiologique, dès qu’on arrête de manger, le corps utilise dans un premier temps le glucose stocké sous forme de glycogène dans le foie. L’utilisation du glucose est la source principale de production d’énergie du corps, mais cette réserve de glycogène est en moyenne de 3 jours. Lorsque le taux de glucose circulant dans le sang (la glycémie) diminue, votre corps cherchera alors une autre source d’énergie, un autre carburant : nos réserves de gras.
Dans le processus du jeûne, on va commencer à produire des corps cétoniques au fur et à mesure que le stock de glycogène diminue. Ce phénomène est analogue à ce qui se passe la nuit dans le jeûne nocturne : c’est donc un processus naturel et physiologique. La diminution du stock de glycogène active le second système de production physiologique d’énergie : la cétose (qui est la production de corps cétoniques). Les corps cétoniques sont fabriqués sur la base du gras contenu partout dans le corps, même si l’on est mince.
Le corps est donc une forme de moteur hybride, composé de deux systèmes de production d’énergie. Le passage d’un système de production d’énergie à l’autre est normalement assez fluide, mais le mode alimentaire de notre époque (souvent pléthorique et hyper-glucidique) réduit les occasions de ce passage d’un mode à l’autre. Jeûner permet à ce système de se remettre en mouvement et de retrouver de la souplesse.
Qu’est-ce qu’une crise d’acidose exactement ?
Le foie transforme alors les réserves en acides gras du tissu adipeux en corps cétoniques. C’est un changement métabolique qui peut être à l’origine de désagréments que l’on appelle couramment « crise d’acidose ». Cette crise (que l’on entend parfois -mal- nommer crise de foie) peut se manifester par des maux de tête, des nausées, des éruptions cutanées, une accélération des battements du cœur, des suées ou des douleurs corporelles. C’est une réaction normale car le fait de transformer le gras stocké en source d’énergie libère des acides qui circulent dans le sang et qu’il doit éliminer. Cette réaction est normale lorsque le corps bascule en cétose et les inconforts ne sont pas systématiques.
Par ailleurs, lorsque vous jeûnez, votre métabolisme ralentit. Les organes digestifs sont au repos, seuls les organes qui éliminent les toxines accélèrent leur activité. Le foie en fait partie, c’est pourquoi cet organe est particulièrement sollicité, entre 36 et 48h après le début du jeûne. Même si certains ne ressentent pas ces désagréments, ils peuvent être également le signe que la détox est en pleine action.
Comment améliorer les effets de la crise d’acidose ?
Certains médecins conseillent une supplémentation en sels minéraux alcalinisants (citrates de potassium, de calcium et de magnésium) pour réduire l’acidité et la fatigue. Si vous avez déjà vécu une crise d’acidose lors d’un jeûne, consultez votre médecin, informez-le de votre désir de faire un jeûne, il pourra vous conseiller de manière personnalisée. Un jeûne Buchinger, avec la consommation d’un verre de jus de légume frais le matin et/ou d’un bouillon, riches en sels minéraux basifiants, peuvent également apporter une supplémentation suffisante à certaines personnes pour surmonter des effets modérés sans perdre les bénéfices du jeûne. Vous pouvez par ailleurs envisager de combler vos carences avant le jeûne.
Pour réduire les effets désagréables de la crise d’acidose, nous vous conseillons de ne pas négliger la descente alimentaire avant le jeûne. Une restriction alimentaire progressive permet de limiter les potentiels effets secondaires désagréables du jeûne sur votre organisme.
Enfin, acceptez la crise d’acidose : elle ne dure que quelques jours et c’est une réaction normale de votre corps. Vous arriverez probablement à mieux gérer les désagréments en restant au calme chez vous ou dans un lieu tranquille. La pratique d’une activité physique adaptée à vos possibilités pendant le jeûne aide aussi à limiter les effets désagréables. Nos séjours de jeûne permettent de bénéficier de soutien et de conseils dans ces moments particuliers. La solidarité apportée par le groupe aide aussi à traverser un éventuel cap difficile.





Bonjour et un grand merci pour votre commentaire qui m’a permis d’aller revoir un peu tout ça. Ce sont bien surtout les corps cétoniques qui sont acidifiants. Et la crise d’acidose est en lien avec le temps que le corps prend pour s’adapter à son nouveau système de production d’énergie (c’est à dire qu’il sait faire ça plutôt rapidement, 24 à 48h). Il s’agit d’un temps d’adaptation.
Bonjour, la crise d’acidose semble être liée au passage au mode de transformation de graisse dans votre article, or j’avais compris que l’acidose se produisait avant : le corps transformerait d’obord les protéines avant d’attaquer la graisse, et c’est la transformation de protéines qui génére beaucoup plus de toxines, donc l’acidose. Au bout de 2-3 jours de jeûne, le corps se résoudrait enfin à ne plus taper dans les protéines, essenstielles à sa survie, et commencerait à transformer la graisse, qui génère bien moins de toxines. C’est pour cela que lors d’un jeûne, l’effet maximum des désagréments, est le 3e jour, puisque l’acidification du sang augmente les inflammations
Oui cela existe en effet, il s’agit de variants génétiques et le passage en cétose ne se fait pas.La plupart du temps ces prédispositions sont détectées précocement dans l’enfance mais il arrive que ça ne soit pas le cas. Cela fait partie des maladies rares. C’est pourquoi il faut toujours être prudent.e lors d’un premier jeûne et surtout ne pas se lancer seul.e. Ne pas hésiter à interrompre le jeûne également selon les signes qui se manifestent. En France l’académie médicale du jeûne fait un gros travail d’informations et d’encadrement sur ces questions, il est toujours possible de se rapprocher d’eux pour un premier jeûne https://academie-medicale-du-jeune.fr/ ou de médecins formés. Merci pour ce retour.
J ai pratique un jeûne de 12 jours en siberie en 2018. Natalia, le médecin du centre m a affirmé que tout premier jeûne doit être effectué strictement sous surveillance médicale. En effet dans certains cas rare, le mécanisme de transformation des graisses en sucre ne fonctionne pas et peut conduire à des accidents cérébraux graves. Qu’en pensez-vous ?