Le paradoxe des plantes

Le paradoxe des plantes

16 mai 2020 0 Par Marion Henry

Les dangers cachés de l’alimentation « saine » à l’origine de maladies et de prise de poids

Dr Steven R Gudry éditions Quanto

Le paradoxe des plantes réside dans le fait que l’on a besoin de consommer toutes sortes de plantes pour vivre et que pourtant un certain nombre d’entre elles nous intoxiquent insidieusement. C’est du moins ce qu’affirme le Dr Gundry qui est cardiologue et chirurgien aux USA. Il dit opérer de moins en moins souvent car le réglage alimentaire qu’il a développé améliore ou résout de nombreux problèmes de santé. C’est ce qu’il présente dans ce livre qui est un petit pavé, très dense et extrêmement riche en informations de grande qualité. J’ai dévoré ce livre passionnant avec gloutonnerie…

En quoi consiste le réglage alimentaire qu’il propose ?

Ce régime consiste à limiter la consommation de lectines. Les lectines sont des protéines présentes dans une immense variété de végétaux, que ce soit des fruits, des légumes, des céréales ou des légumineuses. Le gluten par exemple est une lectine déjà rendu célèbre pour les troubles qu’il engendre. Or ces lectines créent de l’inflammation intestinale dans certaines conditions. Il se trouve que l’on sait maintenant très clairement comment les phénomènes d’inflammation intestinale sont à l’origine de très nombreux problèmes de santé, surtout s’ils se chronicisent.

Que nous explique le Dr Gundry ?

Un brin de botanique

Tout d’abord il fait un point de botanique : les graines qui sont dites nues, c’est-à-dire qui ne sont pas protégées par une coque dure, développent naturellement des toxines (ces fameuses lectines) qui ont pur but de les rendre impropres à la consommation. Car l’objectif d’une graine est avant tout la reproduction de l’espèce. Donc elle doit à tout prix éviter d’être mangée. Il se trouve que dans l’alimentation moderne on consomme un grand nombre de ces graines concentrées en toxines. C’est le cas par exemple des graines de la famille des solanacées tels que tomates, piments, aubergines. Je résume ici bien sûr, mais le Dr Gundry prend en considération un grand nombre de paramètres qui vont du degré de maturité du fruit à la récolte, en passant par les méthodes traditionnelles oubliées de préparation de certains aliments ou encore la mondialisation de nos moeurs alimentaires. Sa réflexion est vaste et étayée.

Un poil d’élevage

Puis il fait un point vétérinaire : l’alimentation dans les élevages modernes fait la part belle à aux grains ou aux farines d’aliments qui sont riches en lectines. Or ces lectines se retrouvent sous forme concentrées dans le gras ou la viande que l’on va ensuite consommer. Ce qui s’ajoute aux lectines végétales que l’on consomme directement.

Une once de pollution

Enfin, le Dr Gundry fait un point environnemental : nos intestins et nos immunités modernes sont fragilisés par toute sorte de pollutions : perturbateurs endocriniens, herbicides, produits ménagers, surcharge médicamenteuse, antibiothérapie etc. Ce contexte toxique érode nos capacités d’adaptation et nous rend hyper sensibles aux lectines.

Dans le sillon fertile des Dr Kousmine et Seignalet

J’ai beaucoup apprécié le fait que le Dr Gundry ait une réflexion sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Il me semble que les Dr Kousmine et Seignalet ont initié ce type d’analyses mais que cela faisait longtemps qu’un chercheur n’avait pas rassemblé autant d’informations en une telle synthèse. Et il n’en reste pas aux seuls constats analytiques, mais il fait également des propositions concrètes. C’est l’objet de la deuxième partie du livre, ce qu’il nomme le PPP, le Plan du Paradoxe des Plantes.

Le Plan du Paradoxe des Plantes

Il s’agit d’un réglage alimentaire en 3 phases. Avec une première phase dite de nettoyage de trois jours, suivie par une deuxième phase qui dure quelques semaines (variables selon les personnes) et enfin la troisième phase qui consiste à intégrer ce mode alimentaire au long cours.

Un réglage alimentaire en 3 phases

Je ne vais pas entrer ici dans les détails de ce réglage. Le Dr Gundry a établi une liste d’aliments qu’il nomme autorisés et d’autres à limiter ou supprimer selon la phase dans laquelle on se trouve. La manière dont il présente les 3 phases et leur contenu est très concrète et précise. Ce livre donne suffisamment d’explications pour que chacun.e puisse mettre en application par soi-même ces 3 phases. Il accompagne chaque étape pas à pas.

Et pleins d’autres conseils

Le jeûne intermittent, l’attention aux index glycémiques et à la qualité des huiles et des protéines ont également une place importante dans son programme. Tout comme le fait d’adopter un mode de vie qui limite les polluants tels que les perturbateurs endocriniens.

Des aliments autorisés et d’autres interdits

Une liste des aliments autorisés ou à limiter est disponible en téléchargement gratuit sur le site des éditions Quanto. Enfin, dans la troisième partie du livre des recettes sont présentées qui permettent de se lancer facilement dans le PPP.

Un livre de recettes en complément

Si vous adoptez ce mode alimentaire, alors il sera intéressant d’investir dans le livre de recettes du Paradoxe des Plantes.

A qui est destiné ce réglage alimentaire ?

L’objectif principal de ce réglage est la cicatrisation de la muqueuse intestinale et la mise en équilibre du microbiote. Ce qui permet ensuite de mieux gérer l’environnement toxique dans lequel nous vivons tous à des degrés différents. Donc ce réglage est possible pour tous et toutes puisqu’il est sans carences et qu’il fonctionne aussi bien en prévention qu’en cas de maladie.

Des USA à l’Europe…

Le Dr Gundry insiste beaucoup sur le fait que ce réglage permet de perdre du poids facilement sans s’affamer. Dans ce livre, il se réfère beaucoup aux habitudes, aux besoins et aux problématiques des américains, puisqu’il exerce aux USA. Et l’obésité et ses comorbidités est un problème majeur qu’il aborde à de nombreuses reprises. Tout comme l’ensemble des maladies dites de civilisation, que le PPP permet de mettre en équilibre. Il s’agit de beaucoup de maladies auto-immunes (qui prennent toujours leur source dans l’intestin) mais aussi de diabète, de cancers etc.

Au secours! On ne sait plus quoi manger!!!!

En conclusion, je vous entend déjà vous exclamer : encore un nouveau réglage alimentaire, on ne sait plus comment manger ! C’est ce que j’entends souvent. Et ma réponse préférée est qu’il n’y a pas UNE vérité en matière d’alimentation, mais un contexte et des besoins individuels. Qui en plus évoluent également en fonction des phases de vie.

La diversité existe parce que nous sommes tous différents!

En tant que naturopathe, la diversité des propositions alimentaires est une richesse dans laquelle on peut puiser au gré des besoins ou des nécessités. Voilà donc encore une nouvelle piste qui mérite d’être expérimentée si vous avez des problèmes de santé que vous n’arrivez pas à surmonter ou tout simplement si vous souhaitez avoir plus d’énergie ou perdre du poids.